Vivement un web souverain !

4 Septembre 2021 - AUTRES

Le web du Mouvement l’Engagement et de la campagne d'Arnaud Montebourg

Voilà bien un défi qui ne s’applique pas à tous les candidats : lorsqu’on fait campagne pour que la France retrouve une souveraineté - notamment numérique -, pour le Made in France ou encore pour une transition écologique et une sortie du pétrole, en choisissant des outils techniques on se confronte bien vite à la réalité qui est que beaucoup de progrès restent à faire et que notre pays accuse du retard.
Malgré l’engagement et la travail d’ingénieurs, d’entreprises et de communautés professionnelles du numériques engagées sur ces sujets, il est ainsi compliqué de réussir à faire parfaitement comme on le voudrait.
Le Mouvement l’Engagement et la campagne présidentielle d’Arnaud Montebourg avec La Remontada sont un bel exemple.
Sur le volet technologies de l’internet, qu’est-ce que nous voulons et qu’essayons-nous de mettre en œuvre ?

Souveraineté

Il est très important pour nous de privilégier autant que possible des services et des technologies souveraines, Made In France ou à défaut européennes ainsi que des solutions libres ou open source.
C’est facile à dire, mais c’est moins facile à faire dans un monde digital dominé par les Gafam et leurs filiales et où il n’est pas simple de connaître et de repérer les alternatives vertueuses mais souvent de petite taille.

Sobriété écologique et économique

Rappelons que de l’internaute au serveur en passant par toutes les étapes de production et d’usage du web, Internet est particulièrement gourmand en énergie et en matières premières (composants, minerais…) et dégrade l’environnement.
Bref, alléger le web, le code, les débits et le matériel est un enjeu fondamental.
La sobriété est également économique car il faut savoir faire des dépenses à un juste niveau. D’abord parce que, au cas où certains ne le sauraient pas, les dépenses électorales d’une campagne présidentielle sont limitées et les recettes contraintes et très encadrées (et heureusement). Ensuite parce que par définition, un site de campagne est un outil temporaire jusqu’au scrutin et pas au-delà. Enfin parce qu’un mouvement politique naissant comme le nôtre ne reçoit pas les subventions publiques (pour ne citer que ces recettes) dont bénéficient la plupart des partis politiques qui présentent des candidats. Petit exemple rien que sur l’année 2021 représentative des montants annuels versés de 2018 à 2022 (voir legifrance) :
  • LAREM (Macron) : 21 Millions €
  • LR (?) : 13,1 Millions €
  • PS (?) : 5,9 Millions €
  • FN - RN (Le Pen) : 5,2 Millions €
  • MODEM (Macron) : 5 Millions €
  • LFI (Mélenchon) : 4,4 Millions €
  • EELV (?) : 2,2 Millions €
  • PCF (Roussel) : 2,2 Millions
  • Mouvement l’Engagement : 0€

Performance

Nous présentons un candidat à la présidence de la République Française ce qui suppose d’utiliser des outils digitaux avec des enjeux de performance autrement plus sensibles que pour une association classique ou même que pour une entreprise.
D’abord, les risques de sécurité sont importants et le site d’un candidat à la présidentielle peut à tout moment faire l’objet d’attaques informatiques de soutiens d’autres candidats, de groupes d’intérêts opposés aux idées ou, pire, d’intérêts étrangers (y compris étatiques).
Ensuite, le site d’un candidat nécessite autant que possible d’être performant en terme d’accessibilité au plus grand nombre. Au-delà de l’accessibilité aux personnes en situation de handicap, il faut aussi penser au fait que même avec un débit faible, le site doit pouvoir être utilisé de façon fluide. C’est d’autant plus important pour nous que la candidature d’Arnaud Montebourg vise aussi à donner la parole et à représenter ces millions de personnes qui vivent sur des territoires bien moins équipés que les métropoles et ayant des débits faibles.
Enfin, il faut que nos outils soient résilients c’est-à-dire en capacité de subir des chocs et de s’adapter (par exemple, un passage dans un média de grande écoute peut multiplier par 100 000 le nombre de visiteurs en quelques secondes). C’est donc pour cela qu’il vaut mieux, par exemple, ne pas tout centraliser et avoir un système où l’on n’est pas totalement dépendant d’un seul élément.

Quels sont nos outils actuellement ?

Pour le moment (en ce 4 septembre de lancement de candidature d’Arnaud Montebourg), presque tous nos outils associés à notre site internet répondent à ces enjeux.
Par exemple, toutes les données individuelles - qui ne relèvent pas du site web, n'apparaissent pas dans les mentions légales mais sont bien plus sensibles - sont gérées et hébergées chez deux acteurs français (SendinBlue pour les mail et OHME pour le CRM).
Pour mesurer et monitorer notre site, nous utilisons Matomo qui est une alternative open source à Google Analytics co-fondée par un français et un allemand et Updown.io qui est un acteur français.
En revanche, pour nos pages web, nous cherchons encore à atteindre tous nos objectifs. A ce stade, le site laremontada.fr et le site l-engagement.fr fonctionnent différemment de la plupart des sites souvent hébergés de façon centralisée avec des services que peuvent proposer de nombreux acteurs français avec des serveurs en France (OVH, Scaleway, LWS, Planet Hoster...).
Notre système repose sur le principe du Jamstack, de l'horizontal scaling et du serverless.
Pour cela, nous utilisons SvelteKit qui est un framework et un compilateur javascript open source très performant car il permet un code très propre, compact et léger. Etant récent, encore peu de développeurs le connaissent mais il est déjà utilisé parle New-York Times, Spotify, Godaddy, Les Echos ou très récemment RadioFrance.fr par exemple. C’est donc avec SvelteKit que l’on programme des pages en HTML, CSS et JS.
Le code de nos pages est sur GitHub. Cette plateforme gratuite est utilisée par 99,9% des développeurs et n'a pas d'équivalent français ou européen sauf à investir dans l'infogérance de serveurs.
Nos pages web sont générées à partir du code GitHub et distribuées par Netlify qui est un hébergeur “sans serveur” que nous avons choisi plutôt que Google Firebase ou Cloudflare qui proposent des services similaires.
Ces deux outils qui "hébergent" nos pages et sur lesquels nos développeurs savaient travailler sont hélas aux Etats-Unis.

Appel à la communauté

Nous préférerions et nous ne désespérons pas d'utiliser des solutions équivalentes françaises voire européennes (comme nous aimerions qu'existent des plateformes françaises ou européennes et de même taille que Facebook, Apple ou twitter...). Alors nous continuons à chercher, à apprendre et à progresser et sincèrement, un coup de main serait le bienvenu. Alors si vous partagez nos ambitions (souveraineté, Made In France, sobriété et performance) et que vous êtes prêts à nous aider, contactez-nous, rejoignez nos bénévoles ou faites un don (pour financer l'infogérance en France par exemple).

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